miscellanées

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Les dollars de mon coeur / partie 2

- L’agneau est pas mal.

- Pas de viande

- Pas de problèmes.

Judith avait un truc à dire, ça se sentait. Coupecourt le sentait aussi mais il était assez préoccupé par sa lourde tâche. 

- Alors ton agneau ? 

- Il a un goût de feu, tendre comme j’aime.

- Tu veux que je te dise un secret que tu sais déjà ?

- Hum. 

Le serveur savait exactement qui était assis à la table. Il allait servir le capitaine qui avait toujours le verre à moitié vide. Un vin espagnol, dans un restaurant libanais, à l’abris du peuple. 

- Ton peuple ne te suivra pas demain. Pour une fois dis-moi, tu ne pourras pas leur faire avaler tes couleuvres. Tu vas te faire renverser, j’entends par-ci par-là au Bureau, que tes couleuvres ne passeront pas. Aussi, je t’aime..

- Et ? 

Un café plus tard, dans la voiture.

- Et tu m’énerves.

- Rentre chez toi et attends demain, tu verras pourquoi tu m’aimes. Aujourd’hui je suis haïssable et mon esprit tourne à cent à l’heure. Je dois aussi attendre demain. 

Le V12 au point mort, Coupecourt fit descendre Judith devant le bureau. En regardant cette beauté partir sur le son de son moteur préféré, Il avait eu une idée pour le lendemain. 

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Les dollars de mon coeur / partie 1

Nous ne sommes toujours pas en guerre.

Aucune déclaration, ni sur l’honneur, ni main sur le coeur. 

Le capitaine Coupecourt avait coupé son gsm, c’était calme et ça lui convenait. Son humeur n’avait pas été attaquée depuis au moins 3 semaines de tension. Une tension tendue qui ne lache pas, un arc bandé coincé dans le temps. 

Quand un archer s’apprete à décocher un coup. Qu’est ce qu’on regarde le plus ? 

La corde, la pointe ou la cible ? 

Pour Coupecourt, il s’agissait de ne pas montrer sa peur. Un pays tout entier se cachait derrière cet homme de taille normale. Tout le monde sait que ça n’empêchera pas d’être trempé par la pluie qui tombe au dessus de nos têtes, mais si on pense horizontalement, l’illusion est possible. 

On en était là, mais la Vie s’en foutait pas mal.

Voici comment :

Le capitaine avait eu plusieurs femmes dans sa vie, toutes plus craquantes les unes que les autres. Toutes aimantes, toutes aimées. 

Gwendoline sonna à la porte. 

- Ton téléphone est coupé, il est encore tombé dans la baignoire ? Tu devrais arrêter de prendre des bains, non ? 

La logique implacable de Gwendoline : si tu as un problème, tu penses horizontalement, ça n’empêchera pas les téléphones d’être mouillés, mais l’illusion d’une solution est possible. 

- J’ai coupé mon téléphone, ce n’est pas par rapport à toi, imagine seulement qu’un pays tout entier cherche à me joindre. 

- Et donc, le pays ? 

- J’ai décidé que la guerre n’aura pas lieu. Je ferai une déclaration demain. C’est simple. Ensuite je prendrai un peu de temps pour moi. 

- Coupecourt, tu m’excites quand tu parles comme ça, mais tu me fais peur. Je viens ici pour savoir si tu veux qu’on mange ensemble ce midi. 

- Pourquoi pas. 

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Le bon, le mauvais et le côté des choses.

“Le plus beau flip book du monde je vais te le montrer, petit.
C’est une liasse de billet de 100 bien tassés qui racontent l’histoire du monde.
Ouai, tu peux me croire bonhomme et c’est pas le genre d’histoire qui finit bien.”

“J’te raconte pas.”

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A la ricaine.

Déjà on met un peu de musique : ICI

Entre le 15 et le 16 juin 2011, juste une nuit.

Une nuit qui me portera conseil, repos et qui marquera le coup, celui d’un cut de + dans ma lifetimeline. 

Cette année, le mois de juin est une montagne à côté de la plaine des onze autres. Une montagne à plusieurs pics bien évidemment, avec des pièges qui pourraient bien me faire perdre 127 heures, à la ricaine.

On s’en fout, quand on est en danger, on met un tas de trucs en marche à l’intérieur de soi.

Je trouve ça assez fantastique. Lorsque ça n’arrive pas à “La” situation tétanisante, le danger créé un effet positif dans le sens ou il nous rappelle qu’on a pas envie de mourir tout de suite. T’es devant le mur, pas dedans, le mur te fout son pied au cul, enfin bref, mec t’es au pied du mur.

Je marche comme ça depuis longtemps. Je suis attiré par les situations dangereuses et les repousse violemment quand ça fait mal. Eh bien ce jeu est épuisant. 

( Parenthèse sur l’energie :

Si nous pensions un peu plus à l’énergie humaine dépensée et moins à l’argent dépensé en énergie, je pense que je deviendrais écolo. )

Ce jeu est tellement épuisant qu’il faut que je trouve une solution.

Le nuit porte conseil :-)

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Ermitage à Rio. 3/3

Le son lourd et froid de la nuit laissait place au moteur 3 litres diesel.

Clic.

Le mix se compliquait, un beat profond remontait à la surface.

Il était 5 heures du matin et JUM n’avait pas pris d’affaire avec lui.

“Sale.”

Les arbres défilaient à toute allure, la route encore plus vite.

Des centaines de points lumineux apparaissaient et disparaissent, ça sentait le vent, ça roulait trop vite. Ce monstre rapide et bruyant était peut-être encore plus sauvage que le pire de tous les animaux.

Ca roulait vite et sous alcool. 

Il était 5 heures du matin lorsqu’ils franchirent le pont les reliant au continent. Il filèrent droit vers le nord, comme prévu. Après quelques pauses dans le noir pour faire tout ce qu’il y a à faire quand on fait un long voyage en voiture, après avoir parler pendant les dernières bières, le monstre s’arrêta pour se reposer.

Aucune perte n’était à déplorer, la nature était toujours aussi belle.

JUM était à l’arrière entre les deux filles et ça lui convenait parfaitement.

Les deux filles n’avaient pas l’air de détester sa présence.

Le conducteur et la co-pilote allèrent dormir sur le sol un peu plus loin.

Quant au soleil, il se levait doucement avec les oiseaux.

Le Brésil est un pays dans lequel on peut se reveiller sans les yeux. Pensée furtive.

JUM se sentait mal. Gueule de bois, faim, froid, angoisse. Les autres étaient assez frais, comme si la jeunesse n’avait pas été abîmée. C’était assez rapide, on allait reprendre la route.

JUM se laissait caresser les cheveux par la fille aux yeux moins brillants, ce geste doux et en rythme allait bientôt le calmer et le réendormir.

C’était plus qu’un choc pour lui. Au soir il mangeait et buvait en terrasse avec ses quatre amis, avec un look totalement “out”, les yeux pendants et une envie de bouger pas ressentie depuis un nombre d’années incalculables.

Fuir ou pénétrer la situation ?

C’était décidé à sa place. La fatigue disparaissait au fur et à mesure que les spiritueux entraient dans son corps. Le poulet épicé ne le brûlait plus. C’était son esprit qui le brulait. Pire que la veille. Ses amis avaient disparus et des centaines d’autres étaient là, prêts à ne pas dormir. L’argent.

JUM n’avait pas d’argent pour payer. Là c’était la fuite. La première porte. Hop.

De la pure folie l’attendait derrière, un club terrible, une masse humaine faisait tanguer le sol et plus haut dans la cabine enfumée qui crachait de grand lasers, le DJ tenait la barre et faisait la tempête. On aurait dit un massif compact de peau, de tissus et de métal chaud et moite qui n’avait qu’un oeil et qui mangeait tout ce qui passait par là.

JUM n’avait pas envie de pénétrer la foule, il la frôlait, en faisait le tour, lançait des regards aux filles et aux barmans. Sexe et alcool. 

Voilà ce qu’il avait fuit 4 ans auparavant. 

Maintenant, tout prenait l’apparence de monstres ou de masses. L’individu c’était lui et il se sentait seul. JUM pouvait rentrer sur l’île, en se moquant des kilomètres qui le séparait de sa Facilité. “Facilité” était gravé sur la porte de sa maisonnette. C’était à l’époque ou il avait encore du whisky et un couteau. Ca écrivait des conneries un peu partout. 

Dans cette grande ville ou des milliers de gens avaient gravé des milliers de mots, JUM se sentait seul mais pas seulement. Accoudé au bar, buvant dans un verre anonyme, il sentait que quelque chose de très bon remontait en lui. 

Pour la première fois de sa vie, il n’en avait pas peur.

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Se promener au Zoo, passer devant des enclos vides. J’adore.
Plus l’animal est caché, ou moins il y a d’animaux, plus les gens se regroupent pour regarder. C’est à celui qui verra quelque chose bouger. Car c’est ça qu’on veut voir.
La vie, ça doit bouger, faire du bruit. Comme nous.
Les animaux qui remportent le plus de succès sont tout de même les singes. On peut les surprendre entrain de faire du sexe, des câlins, de faire les “singes”. C’est voyeur le zoo. C’est regarder la vie qui doit bouger.
Alors un enclos vide, c’est la vie quand même, on y a enfermé le vent, la lumière, de la terre, de l’eau. On l’a organisé. C’est un morceau de la vie. 
Au zoo, on se fout des canards car on en voit souvent. A part les petits, qui sont surpris de tout. Alors suivons le regard des petits, mettons nous à leur hauteur. On a beau leur expliquer qu’après le zoo on doit aller voir mamie, ou que papa est fatigué, le petit peut passer dix minutes à jouer avec un canard. 
Plus tard, dans l’avenir, ils donneront peut-être des lunettes à vision d’enfant à l’entrée des zoos. 

Se promener au Zoo, passer devant des enclos vides. J’adore.

Plus l’animal est caché, ou moins il y a d’animaux, plus les gens se regroupent pour regarder. C’est à celui qui verra quelque chose bouger. Car c’est ça qu’on veut voir.

La vie, ça doit bouger, faire du bruit. Comme nous.

Les animaux qui remportent le plus de succès sont tout de même les singes. On peut les surprendre entrain de faire du sexe, des câlins, de faire les “singes”. C’est voyeur le zoo. C’est regarder la vie qui doit bouger.

Alors un enclos vide, c’est la vie quand même, on y a enfermé le vent, la lumière, de la terre, de l’eau. On l’a organisé. C’est un morceau de la vie. 

Au zoo, on se fout des canards car on en voit souvent. A part les petits, qui sont surpris de tout. Alors suivons le regard des petits, mettons nous à leur hauteur. On a beau leur expliquer qu’après le zoo on doit aller voir mamie, ou que papa est fatigué, le petit peut passer dix minutes à jouer avec un canard. 

Plus tard, dans l’avenir, ils donneront peut-être des lunettes à vision d’enfant à l’entrée des zoos. 

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- écoute, tu vois ce que je veux dire ?
- ce que je vois c’est que tu n’aimes pas l’architecture… 
- Euh, ça veut dire quoi “ne pas aimer” ?
- Tsss

- écoute, tu vois ce que je veux dire ?

- ce que je vois c’est que tu n’aimes pas l’architecture…

- Euh, ça veut dire quoi “ne pas aimer” ?

- Tsss

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vingt minutes en ville

Deux jeunes ont acheté des friandises :
-“j’en veux plus que toi ! c’est normal, je suis plus le gros de nous deux !

Un jeune couple se dispute, la fille veut acheter une machine à laver, mais le garçon l’entend autrement.


Une vieille dame longe un trottoir :
“je sais ou je suis !”

Un groupe de gosses marchent en direction de la piscine.
Une fillette est trés décidée.

Deux jeunes filles abandonnent tout, famille, amis, elles marchent vers une nouvelle vie

Une femme quitte le centre commercial, elle est seule.

Deux jeunes amis cherchent deux autres amis pour recréer la bande :
” regarde, je crois que c’est eux! “

En effet.

Une fille demande à un vieux : ” T’as pas une clope ?” “Non” “Même pas un texto ?” “pfff”

Un quadragénaire se ballade en ville, c’est l’anniversaire de sa femme.

Des scouts sortent d’un bar, on ne sert pas les mineurs.

Un vieil homme longe une allée de garages :
“ou suis-je ?”

Soudain, les gens décident de changer de trottoir, un homme déguisé en lapin se fait attaquer.




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Ermitage à Rio. 2,5/3

Techno minimale de Sao Paulo. 

JUM connaissait ça par coeur, comme ses propres battements.

La fille avec le beau dos faisait la discussion au mec qui avait gardé ses lunettes, il s’en foutait à moitié et se rinçait avec sa 50 toutes les minutes.

En comptant large, ça faisait quinze minutes qu’elle parlait.

Plus loin, comme dans la voiture, l’une avait les yeux brillants et l’autre la regardait en souriant. JUM avait une terrible envie de ne pas aller se coucher.

Il était beau dans cette pénombre, on ne distinguait pas sa gueule de “pas lavé”, il scintillait de bonne sueur. Il buvait une 50 et regardait cette soirée en se demandant s’il avait assez de mots dans la tête pour pouvoir se l’expliquer.

Depuis le temps qu’il vivait seul, JUM avait l’impression d’avoir perdu une grande partie de son vocabulaire, celui de la rue et des commerces; celui que tu utilises quand tu parles aux autres.

Quand tu te parles à toi-même, tu vas droit au but. Tu n’as pas besoin de détailler le fond de ta réflexion. A priori.

Même si les quatre l’avait invité, ils ne l’avaient pas forcé à dire quoi que ce soir.

A peine un “t’es là”.

Il se déplaça de quelques mètres pour être plus proche des basses de la Jeep, ce qui tombait bien car c’était tout à côté des deux filles que la musique était la plus profonde.

Ce genre de musique qui laisse une fréquence libre pour pouvoir parler.

Trois 50 furent décapsulées. 

 -Tu aimes ce son ?

- Oui, ça me fait du bien….

JUM était DJ au Club Nougaro, à Sao Paulo pendant plus de dix ans. Une décennie au cours de laquelle il a vu la mode changer et les clubs se vider. Il reprit :

- C’est étrange que vous écoutiez encore ça…

- Jte coupe, on adore ça nous, on parcoure le pays en ce moment, y a du monde qui en veut, là on fait un break le temps de se poser, après on repart vers le Nord, c’est là-bas que ça se passe.

- J’aime bien ton coin, dit la fille aux yeux très brillants.

L’autre reprit :

- Tu peux pas savoir ce que la musique représente pour nous quatre !

JUM parlait musique. C’était tellement inattendu et ses yeux aussi commençaient à briller. 

- Bon, tu veux venir alors ?